Les temps forts de la vente aux enchères Broad Arrow à Zurich

Sous le marteau : de KITT à Moss

Le 7 novembre, le Dolder Grand de Zurich se transformera en un marché de voitures d’occasion pour le moins exclusif. La vente aux enchères Broad Arrow proposera des pièces rares que l’on a rarement l’occasion de voir. Nous avons sélectionné dix modèles particulièrement intéressants.

Publié le 03.11.2026

1. Ferrari LaFerrari (2015)
Estimation : 5 500 000 – 7 500 000 francs

Une Ferrari rouge ? Tout le monde en a une. Cette LaFerrari arbore la teinte « Bianco Fuji », un blanc nacré raffiné qui lui donne presque un air innocent. Pourtant, sous sa carrosserie se cache un V12 de 6,3 litres qui, associé à un moteur électrique, développe 963 PS. La LaFerrari a été la première hypercar hybride de série de Ferrari. Cependant, l’électrification n’avait pas pour but de sauver les ours polaires, mais de rendre l’accélération encore plus brutale. Elle passe de 0 à 100 km/h en moins de trois secondes, et sa vitesse maximale dépasse les 350 km/h. Seuls 499 coupés ont été construits à l’origine. L’exemplaire zurichois affiche à peine 92 kilomètres au compteur. Malgré cela, plus de 260 000 euros ont récemment été investis dans des travaux d’entretien, notamment l’installation d’une nouvelle batterie haute tension. Particulièrement captivant : la Ferrari sera mise aux enchères sans prix de départ. Ceux qui souhaitent l’acquérir devront donc non seulement disposer de beaucoup d’argent, mais aussi avoir les nerfs bien solides.

2. Mercedes-Benz SLR McLaren Stirling Moss (2009)
Estimation : 2 500 000 – 3 000 000 de francs

Pas de pare-brise. Pas de toit. Pas la moindre once de bon sens. La version « Speedster » radicale de la SLR rappelle la légendaire 300 SLR avec laquelle Stirling Moss et Denis Jenkinson ont remporté la Mille Miglia en 1955. Sous son capot interminable se cache un V8 suralimenté de 5,4 litres développant 650 PS. De quoi atteindre 350 km/h. À condition que le conducteur n’ait pas peur des insectes. Seuls 75 exemplaires ont été construits. Cette voiture argentée originaire de Zurich provient de son premier propriétaire, affiche 13 410 kilomètres au compteur et a même participé à trois reprises à la Mille Miglia moderne, la dernière fois en 2021. Elle est donc bien plus qu’une pièce de collection valant plusieurs millions qui aurait passé sa vie sous une housse anti-poussière. Cette Mercedes a bel et bien été autorisée à rouler sur la route. C’est d’ailleurs là qu’est sa place.

3. Mercedes-Benz 300 SL Gullwing (1955)
Estimation : 1 350 000 – 1 650 000 francs

Certaines voitures font tout pour se faire remarquer. La Mercedes-Benz 300 SL n’a qu’à ouvrir ses portes. Depuis 1954, cette voiture à portes papillon est considérée comme l’une des plus belles voitures de sport de l’histoire de l’automobile. Or, sa particularité la plus célèbre est née d’une nécessité technique : le châssis en tubes ne permettait guère l’installation de portes conventionnelles. Elles ont donc été montées vers le haut. Une icône du design était née. Sur le plan technique également, la 300 SL était en avance sur son temps. Son six cylindres en ligne de trois litres à injection directe d’essence développait 215 PS. Selon le rapport de transmission, elle pouvait atteindre jusqu’à 260 km/h. À l’époque, il était encore légal d’atteindre cette vitesse sur les routes publiques, même en Suisse. La voiture proposée à Zurich date de 1955 ; il s’agit d’un coupé avec conduite à gauche et boîte de vitesses manuelle. Elle devrait être très convoitée. Cette voiture à portes papillon n’est pas simplement une voiture de collection. C’est un morceau d’histoire automobile à deux ailes.

4. Audi Sport Quattro (1985)
Estimation : 680 000–780 000 francs

L’Audi Sport Quattro est une voiture culte. Par rapport à la Quattro d’origine, son empattement a été raccourci d’environ 32 centimètres. Le résultat : un concentré de puissance trapu aux ailes larges, doté d’un énorme turbo et du tempérament d’un tyrannosaure rex de mauvaise humeur. La Sport Quattro a été construite pour permettre à Audi de rester compétitive dans la légendaire catégorie Groupe B. Seuls 214 exemplaires ont été produits pour la circulation routière. Sous le capot, on trouve un cinq cylindres de 2,1 litres développant 306 PS. La version de compétition offrait un potentiel nettement supérieur. L’exemplaire zurichois arbore, comme il se doit, une peinture rouge Tornado, associée à un intérieur aux teintes quartz et graphite. Le compteur affiche 82 229 kilomètres. Pour une Sport Quattro, c’est sans aucun doute le signe qu’elle n’a pas seulement été admirée, mais aussi conduite. Aujourd’hui, cette ancienne voiture d’homologation de rallye coûte autant qu’un appartement en copropriété. Mais ça, ça ne sonne pas aussi bien.

5. BMW 3.0 CSL (2023)

Prix estimé : 900 000 – 1 200 000 francs

Lorsque BMW a présenté la 3.0 CSL à l’occasion du 50e anniversaire de sa division M, l’événement a été célébré comme il se doit : avec 560 ch, une boîte manuelle et seulement 50 exemplaires. La BMW 3.0 CSL est une déclaration d’amour sur roues. Avec ses ailes larges, son imposant aileron arrière et ses couleurs classiques de la course automobile. La voiture proposée à Zurich possède en outre une histoire particulièrement intéressante : elle a appartenu à l’ancien pilote de Formule 1 Nick Heidfeld. Un homme qui sait très bien à quoi sert une voiture de sport. De nombreux accessoires exclusifs sont fournis, dont un croquis de conception signé. Sur le plan technique, la CSL s'inspire de la gamme M4, mais elle est nettement plus exclusive. Vaut-elle pour autant un million de francs ? Ce sont les enchérisseurs qui en décideront.

6. Monteverdi High Speed 375/4 (1975)
Estimation : 185 000–230 000 francs

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Peter Monteverdi avait un rêve : il voulait construire en Suisse des voitures de luxe capables de rivaliser avec Ferrari, Maserati et Rolls-Royce. Ce n’était pas vraiment l’idée commerciale la plus modeste pour un homme originaire de Binningen. La High Speed 375/4 était sa réponse à la question de savoir à quoi devait ressembler une berline de luxe suisse. Quatre portes, un capot interminable, un design d’inspiration italienne et, sous le capot, une technologie V8 américaine. Cette combinaison était typique de Monteverdi : élégance européenne, puissance musclée américaine et un prix affiché plutôt ambitieux. Seuls une trentaine d’exemplaires ont été construits. La 375/4 est donc plus rare que la plupart des voitures italiennes d’exception de son époque. Construite en 1975, cette voiture mise aux enchères a fait l’objet d’une restauration minutieuse entre 2016 et 2020, avant d’être présentée lors de divers concours d’élégance. Pour les collectionneurs suisses, elle devrait constituer l’un des véhicules les plus intéressants de toute la vente aux enchères.

7. Bizzarrini 5300 GT Strada (1968)
Estimation : 700 000–830 000 francs

Giotto Bizzarrini n’était pas du genre à se laisser dicter sa conduite. Et encore moins par Enzo Ferrari. Cet ingénieur avait notamment participé à la conception de la légendaire Ferrari 250 GTO avant de quitter Maranello en mauvais termes. Il s’est ensuite lancé dans la construction de ses propres voitures de sport. La 5300 GT Strada est peut-être son plus grand chef-d’œuvre. Une carrosserie basse et agressive, un capot qui semble s’étirer à l’infini et, sous celui-ci, un V8 américain Chevrolet de 5,4 litres de cylindrée. Le tempérament italien rencontre la puissance brute américaine. Une combinaison merveilleuse. Le moteur a été placé bien en arrière de l’essieu avant afin d’améliorer la répartition du poids. Avec environ 365 PS, la Bizzarrini comptait, au milieu des années soixante, parmi les voitures de sport de route les plus rapides qui soient. En 1965, elle a prouvé, grâce à une victoire de catégorie au Mans, que derrière ses lignes spectaculaires se cachait une technologie de pointe. Cet exemplaire zurichois, construit en 1968, est une voiture pour les connaisseurs. Et c’est peut-être justement pour cela qu’elle est plus séduisante que la Ferrari rouge d’à côté.

8. McLaren Senna (2019)
Estimation : 1 100 000 – 1 400 000 francs

Sur la McLaren Senna, tout a été pensé pour optimiser l’appui aérodynamique. L’énorme aileron arrière, l’avant anguleux et les innombrables conduits d’air n’ont qu’un seul objectif : prendre les virages plus vite. La voiture doit son nom au triple champion du monde de Formule 1 Ayrton Senna. Un nom qui impose le respect. Le V8 biturbo de quatre litres développe 800 PS, pour un poids à sec d’environ 1 200 kilogrammes. Elle passe de 0 à 100 km/h en 2,8 secondes. Mais d’autres voitures savent aussi rouler vite en ligne droite. La Senna a été conçue pour le circuit et n’a reçu que le strict minimum pour être homologuée sur route. Le modèle proposé à Zurich est de couleur « Volcano Orange », porte le numéro 181 sur 500 et a été livré en Suisse. Le compteur n’affiche que 131 kilomètres. C’est pratiquement une voiture neuve.

9. Aston Martin Lagonda Shooting Brake (1987)
Prix estimé : 250 000 à 350 000 francs

L’Aston Martin Lagonda était déjà une voiture assez singulière en version berline. Une carrosserie de luxe de plus de cinq mètres de long, plate comme un fer à repasser et bourrée d’électronique bien en avance sur son temps. Mais quelqu’un s’est apparemment dit : « Il faudrait absolument en faire un break. » Les spécialistes suisses d’Aston Martin de Roos Engineering ont effectivement concrétisé cette idée. En 2000, ils ont transformé une Lagonda Series 3 de 1987 en Shooting Brake. Le résultat est aussi fascinant qu’il demande un certain temps d’adaptation. À l’avant, le style futuriste des années 80 ; à l’arrière, la noblesse rurale anglaise en route pour la chasse au faisan. Cette pièce unique est peinte en Antrim Blue, tandis que l’intérieur est habillé de cuir Connolly gris. Sous le capot bat le classique V8 d’Aston Martin. La voiture sera mise aux enchères sans prix de départ. Celui qui l’achètera n’aura sans doute pas un break particulièrement pratique. Mais en contrepartie, il aura une automobile qui fera sensation dans tous les concours d’élégance.

10. Pontiac Firebird Trans Am K.I.T.T. (1982)
Estimation : 250 000 à 500 000 francs

« Michael, où allons-nous ? » Ceux qui regardaient la télévision dans les années 80 connaissent peut-être cette phrase mieux que leur propre numéro de téléphone. K.I.T.T., la Pontiac Firebird Trans Am parlante de «Knight Rider», était pour toute une génération la voiture la plus cool du monde. Elle pouvait parler, rouler toute seule, sauter par-dessus des obstacles et arborait à l’avant ce magnifique feu rouge clignotant, d’une utilité purement esthétique. Un exemplaire arrivant aujourd’hui à Zurich entretient un lien particulier avec David Hasselhoff. Il ne s’agit toutefois pas de l’un des véhicules de tournage originaux de la série télévisée. Cette Pontiac construite en 1982 a été utilisée comme voiture de tournée K.I.T.T. fidèle à l’original et appartenait à la société de Hasselhoff, Profile Promotions. Elle accompagnait l’acteur et chanteur lors de ses apparitions publiques. Son histoire est attestée par des documents et des photographies. Son estimation s’élève à près d’un demi-million de francs. Pour une vieille Pontiac, c’est complètement fou. Pour un morceau d’enfance qui ressemble à K.I.T.T. ? Peut-être même une bonne affaire ? « Michael, je te le déconseillerais. »

L'exposition publique aura lieu les 5 et 6 novembre de 10 h à 18 h, et la vente aux enchères le 7 novembre à partir de 15 h. L'accès à la vente aux enchères proprement dite est limité.

Photos : Broad Arrow 

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